Le 18 février dernier se tenait la journée d’ouverture de « l’Année européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale » à la Cité Internationale. Une journée qui a le mérite de mettre à jour un problème qui demeure peu visible, et qui touche aussi les jeunes.
Un européen sur six vit en dessous du seuil de pauvreté*. Cela représente 80 millions de citoyens de l’Union européenne ! Et en France, 22% des 18-24 ans non étudiants vivent sous le seuil de pauvreté. C’est face à ce constat surprenant que la Commission européenne a choisi cette année 2010 pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale en Europe. En France, le Haut Commissariat aux solidarités actives contre la pauvreté s’est saisi de la question et a réuni les organismes et associations qui agissent déjà à leurs niveaux depuis de longues années. La journée d’ouverture a été l’occasion de donner une visibilité au problème, à l’image de ce que devrait être cette année 2010 pour l’Europe.
Des fonds européens contre la pauvreté.
La journée d’inauguration a d’abord été introduite par l’intervention de Laszlo Andor, Commissaire européen pour l’emploi, les affaires sociales et l’inclusion. Il rappelle que l’Union européenne apporte chaque année une aide fina
ncière aux Etats membres pour lutter contre la pauvreté. Tous les ans, le Fonds Social Européen (FSE) viendrait en aide à 9 millions d’européens. Un « Fonds européen d’ajustement à la mondialisation » aide également des travailleurs licenciés à retrouver rapidement un emploi, notamment à travers des formations. Enfin, Laszlo Andor a évoqué le tout nouveau traité de Lisbonne, qui est doté de nouvelles clauses sociales. Désormais, l’Union européenne serait obligée de prendre en compte les questions sociales dans l’élaboration et l’application de toutes les politiques de l’UE. Dorénavant, le Commissaire européen aux affaires sociales a pour objectif « d’examiner en profondeur l’incidence sociale de toute nouvelle initiative législative émanant de la Commission. »
En France, 68 projets sélectionnés.
A l’échelle nationale, l’objectif premier de l’Etat est de répondre aux engagements de Nicolas Sarkozy, élu en 2007 : « réduire la pauvreté d’un tiers en cinq ans ». Cette année 2010 devrait être celle de la sensibilisation de la population à la pauvreté et de l’information aux personnes les plus démunies. Ainsi, à l’horizon 2020, la France se donnerait pour objectif de placer la cohésion sociale comme un « pilier » de la future Union européenne, dans le cadre de la stratégie 2020 de l’UE. C’est pour répondre à ces objectifs ambitieux « pour plus de cohésion sociale » que 68 projets ont été sélectionnés. Des centaines d’organismes, associations, institutions, et entreprises avaient été sollicitées en 2009 et plus de 600 projets ont finalement été proposés sur des problématiques aussi variées que la Culture, la santé, la famille, l’alimentation, etc. Un moyen de montrer que la lutte contre l’exclusion passe surtout par l’accès de tous à la Culture, la lutte contre les effets de la reproduction sociale et la lutte contre les stéréotypes et les discriminations. Au cours du débat, certains intervenants ont condamné l’absence des associations de chômeurs et des associations de SDF, qui sont pourtant au cœur des questions de précarité et d’exclusion. Les associations choisies seraient essentiellement caritatives. François Soulage, Ambassadeur de l’Année européenne 2010 et Président du Secours Catholique, a assuré que les associations étaient bien représentatives. Quoiqu’il en soit, le travail est lancé pour cette année et donnera lieu à trois nouveaux débats dans les régions pendant l’année.
La pauvreté dans une des régions les plus riche de la planète.
Dans sa forme la plus visible, la pauvreté peut se traduire par le fait de ne pas avoir de logement ou simplement à manger. Elle se traduit surtout par le manque de ressources pour répondre aux exigences de la vie de tous les jours. Les jeunes notamment, mais aussi les femmes, les immigrés, les personnes âgées, sont particulièrement exposés à la précarité et à la pauvreté. Elle aboutit généralement à l’exclusion car ceux qui en souffrent ne sont pas en mesure de participer aux activités quotidiennes que le reste de la société tient pour acquises. L’Europe a beau être une des régions les plus riches du monde, 1 européen sur 5 vit dans des conditions de logement précaires, et 80 millions de personnes, dont 18 millions d’enfants, sont touchés par la pauvreté. La solidarité et la lutte contre l’exclusion sont donc aussi les thèmes dont l’Europe doit se saisir, pour ainsi donner tout son sens au mot « Union ».
* Selon la définition commune de l’UE, toute personne dont les revenus sont inférieurs de 60% au revenu moyen des ménages du même pays est considérée comme exposée à la pauvreté.
Visitez sur le web :
Le site de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale »
Le site du FSE, Fonds Social Européen »



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