Le XIXe siècle européen a été très prolifique pour la musique classique, notamment grâce à l’émergence de nouvelles écoles participant à l’éveil des nationalités. Petit tour d’horizon de compositeurs symbolisant le “romantisme national”.

Mais ne partez pas tout de suite! Rien à voir avec le nationalisme politique d’aujourd’hui, ici on parle bien d’un courant artistique, basé sur l’amour d’un pays, de sa culture, de ses paysages,…

 

 

 

Tchécoslovaquie

Alors que certaines nations construisent leur Etat, la nation tchèque fait partie de celles se trouvant sous la domination de l’empire austro-hongrois. Dans ce contexte, la musique est devenue un moyen d’expression du sentiment nationaliste tchèque en intégrant des éléments du folklore traditionnel aux compositions romantiques.

 

Bedrich Smetana (1824-1884) : son œuvre la plus connue n’est autre que Ma Vlast (« ma patrie »), cycle de poèmes symphoniques , paraboles de la nation tchèque et de ses terres. Voici un extrait du deuxième poème Vltava plus connu sous le nom allemand La Moldau, nom de la rivière traversant Prague.

 

Anton Dvorak (1841-1904) : convaincu de son rôle de musicien national, il se révèle en 1873 avec son hymne patriote Les héritiers de la montagne blanche.

 

 

 

 

 

Hongrie

Tout comme la Tchécoslovaquie, la Hongrie s’est longtemps trouvée sous la domination de l’Autriche.

 

Franz Liszt (1811-1886) : à la fois cosmopolite et nationaliste, ce pianiste virtuose et adulé en son temps n’a jamais cessé de revendiquer ses origines hongroises… malgré sa totale méconnaissance de la langue. Mais nul besoin de mots pour traduire noir sur blanc son attachement à sa patrie : les notes sur un piano font largement l’affaire. A vous d’en juger, après avoir écouté la deuxième Rhapsodie Hongroise n°2.

 

Béla Bartok (1881-1945) : né en Transylvanie, alors hongroise, Bartok s’est distingué pour son étude particulièrement poussée des folklores traditionnels. Voici une de ses œuvres les plus célèbres : Six danses populaires roumaines, originellement intitulée Six danses populaires hongroises avant que la Transylvanie ne soit rattachée à la Roumanie (en 1918) et que Bartok décide de modifier le titre.

 

 

 

 

 

Et aussi

 

D’autres pays ont connu une domination étrangère, et ont exalté leurs sentiments nationalistes à travers la musique. En Finlande par exemple, Jean Sibelius (1865-1957) s’est battu pour l’identité finlandaise et son indépendance face à la Russie tsariste. Ainsi, son morceau Finlandia (tiré du poème symphonique du même nom) est devenu l’hymne officieux de la Finlande.
Point culture : ce même morceau a été utilisé dans la bande originale de Die Hard 2 !

De manière plus pacifique, Edvard Grieg (1843-1907) laisse éclater tout l’attachement qu’il a pour la Norvège dans la deuxième suite de Peer Gynt.

 

 

 

 

 

On parle souvent de la diversité culturelle de l’Europe, mais on oublie souvent de l’illustrer. Ces quelques morceaux pourront donc vous convaincre de la richesse artistique du Vieux Continent… Et peut-être qu’un jour, un compositeur écrira de la même manière une œuvre dédiée à son attachement pour l’Europe. En attendant, on peut toujours se contenter du quatrième mouvement de la 9ème Symphonie de Beethoven, plus connue sous le nom d’Ode à la Joie.

 

Odessa, Ukraine, Mars 2014

 

 

 

 

Parce que l’Europe est passée, passe et passera toujours [par les oreilles]

 

 

 

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