logo pandionTous les lundis jusqu’aux élections (25mai) le #caleidoscool devient encore plus cool. Hé oui, on a demandé à des gens passionnés et passionnants de nous faire découvrir leur vision de l’Europe. Ils viennent tous d’assos ou de projets dont on a déjà parlé ici et là.
Aujourd’hui François, ornithologue en puissance, ancien PEJiste et (l’un des) initiateurs du projet Pandion, nous présente sa vision de l’Europe.
L’association Pandion a pour but de monter des projet d’éducation et/ou de protection de l’environnement en France, mais également, d’accompagner celles et ceux qui ont des idées, des envies, des convictions en ce sens, à monter leurs propres projets.

 

 

 

Les ailes de l’Europe

 

©Francois_Oriol_Ficedula hypoleucaLa diversité géographique de l’Europe, des steppes méditerranéennes aux toundras scandinaves en passant par l’arc alpin, et les divers climats que l’on rencontre (méditerranéen, océanique, continental, montagnard et polaire) offrent un panel d’habitats extrêmement varié.
Cette richesse permet à de nombreuses espèces (848 !) d’oiseaux d’y vivre ; du minuscule Roitelet triple bandeau – Regulus ignicapilla, le plus petit oiseau d’Europe, pesant entre 5 et 7g ; au majestueux Gypaète barbu – Gypaetus barbatus, un rapace pesant de 5 à 7kg.
Cette diversité se retrouve également dans l’écologie et la biologie de ces espèces. Certaines tel le Tichodrome échelette – Tichodroma muraria, sont inféodées aux milieux rupestres, d’autres, comme le Pic noir – Dryocopus martius, sont strictement forestières.

 

Quel que soit leur habitat, toutes ces espèces ont au fil de l’évolution développé des stratégies de survie, de reproduction toutes plus étonnantes les unes que les autres :

 

 

 

 Le Coucou gris – Cuculus canorus.

 

coucougris

Cet oiseau migrateur hivernant en Afrique équatoriale nous revient au début du mois d’Avril afin de se reproduire, là, il fréquente bocage, lisières forestières, marais… européens.
Alors que bon nombre d’oiseaux s’affairent à construire leur nid, la femelle Coucou elle, passe son temps à espionner d’autres espèces d’oiseaux (espèces insectivores, comme elle) avec pour objectif de localiser leur nid et le moment de la ponte. Une fois un nid localisé dans un endroit favorable, elle va se poster à proximité en attendant que la propriétaire des lieux s’en aille. Quand la voie est libre, elle s’empresse d’aller y pondre un œuf (qui sera semblable aux autres afin de ne pas être reconnu) et passe à un autre nid, et ainsi de suite. Elle peut de la sorte pondre de 8 à 25 œufs, ceci fait il ne lui reste plus qu’à mener une vie paisible. En effet, l’avenir des œufs déposés çà et là est à présent entre les pattes de divers petits passereaux.
Dans un nid parasité par le Coucou, le premier œuf à éclore est le sien. Mais une fois sorti de sa coquille, le poussin encore aveugle se prépare à commettre l’irréparable : dirigé par son instinct, il va un à un faire passer les autres œufs par dessus bord.
Le plus dur est fait, dès lors il n’y a plus qu’à attendre que le couple parasité vienne pour le ravitaillement. Cela va durer jusqu’à l’envol du jeune coucou.

 

 

Le Martinet noir – Apus apus.

 

martinet noir

À voir les escadrilles de martinets noirs passant au ras des fenêtres des immeubles en lançant leurs trilles aériennes, on ne se doute pas ô combien cette espèce est remarquable.
Appartenant à la famille des apodidae (lit. sans pattes) cette espèce possède bel et bien des pattes, mais ces dernières sont atrophiées : handicapant fortement l’oiseau une fois au sol, ce dernier ayant du mal à décoller. De fait, il est très rare que le martinet s’y pose, une fois à terre, il devient très vulnérable. Le seul endroit où il se pose est son nid, coincé sous un toit. Le reste de sa vie,il la passe en l’air. Les matériaux nécessaires à la construction du nid sont récoltés au vol, les insectes qu’ils capturent le sont à une vitesse époustouflante. Et la nuit ? À la tombée de la nuit les martinets noirs se rassemblent pour aller la passer à très haute altitude, jusqu’à 2000m. Là ils alterneront entre vols planés et remontées jusqu’au petit matin où chacun rejoindra son territoire et son nid.

 

 

Gypaète barbu,  Gypaetus barbatus

 

Bartgeier_Gypaetus

Après la reproduction et le vol, un mot du régime alimentaire, lui aussi d’une diversité remarquable d’une espèce à l’autre. Pour se faire, revenons un instant au Gypaète barbu, ce qui nous permet de rebondir sur les vautours, cet oiseau appartient donc à la guilde des vautours dont quatre espèces nichent en Europe. Toutes sont charognardes et spécialisées dans une part bien précise des cadavres qu’elles consomment.
Le Vautour fauve – Gyps fulvus est le premier maillon de la chaine. Son long cou dénudé lui permet d’atteindre les viscères de ses cadavres, dont il consomme également les muscles. Vient ensuite le Vautour moine – Aegypius monachus, qui préfère les parties coriaces (peau, tendons, cartilages). S’en suit le Vautour percnoptère – Neophron percnopterus consommant les parties molles, son bec fin ne lui permettant pas de cisailler le cuir et autres morceaux coriaces. À noter que cette espèce, à l’inverse des deux précédentes n’est pas strictement nécrophage et capture à l’occasion des reptiles, des amphibiens, des insectes, etc… Le dernier maillon de cette chaine est le Gypaète Barbu, autrement connu sous le nom de casseur d’os.Ce régime alimentaire particulier demande bien du savoir-faire, en effet, il leur faut trouver la hauteur suffisante pour lâcher leur os et que ces derniers s’éclatent ; faut-il encore les lâcher sur des rochers!

 

 

 

Un petit mot sur la migration.

 

Ce phénomène interpelle les scientifiques depuis fort longtemps. L’Europe est un territoire très favorable à l’observation de la migration des oiseaux. Effectivement, de nombreuses espèces nichant en Europe hivernent en Afrique et traversent donc le continent deux fois par an, au printemps (migration pré-nuptiale) et à l’automne (migration post-nuptiale). La première question qui vient à l’esprit est celle de l’orientation. Comment font les oiseaux pour retrouver leur route ? Comment un oiseau d’une dizaine de grammes tel le Tarier pâtre – Saxicola rubicola, fait pour retrouver la haie de Haute-Loire où il niche chaque printemps après avoir effectué un voyage de plusieurs milliers de kilomètres depuis l’Afrique?
Pour réussir cette prouesse, on sait que les oiseaux utilisent, entre autres, le champ magnétique terrestre, des repères géographiques et les astres. À noter tout de même que de nombreux oiseaux laissent leurs plumes dans ces voyages éprouvants mais pourtant vitaux.

 

Ainsi les migrations mobilisent dans toutes l’Europe plusieurs centaines d’observateurs. Et l’un des endroits les plus propices à l’observation des oiseaux migrateurs est le détroit de Gibraltar par lequel de nombreux oiseaux passent puisque c’est ici que la mer méditerranée est la moins large.
Hélas, de nombreuses espèces sont menacées par les activités humaines qui souvent détruisent ou modifient les habitats favorables à l’avifaune ; certaines avaient mêmes disparues de France dans les années 50 et ont fait l’objet de programmes de réintroduction (i.e les vautours, le Faucon pèlerin – Falco peregrinus).

 

Peu à peu les pays européens ont adopté des lois visant à protéger les oiseaux. Avec la construction de l’Europe, les problématiques touchant à la protection de la Nature ont elles aussi fait l’objet de mesures de protection. Ainsi, le 2 avril 1979 la Directive Oiseaux a été votée, elle vise à la protection des oiseaux et de leur habitat.

 

 

 

pour aller plus loin

Liens 
Les oiseaux en général 
Les vautours & autres rapaces
La migration
Les sites de migrations en France

 

Livres 
L. SVENSSON et al. Le Guide ornitho. Les 900 espèces d’Europe, Afrique du Nord et Moyen-orient – nouvelle édition. Delachaux et Niestlé. 2014. pp 448.
P. GEROUDET. Les rapaces d’Europe – Diurnes et nocturnes. 7ème édition revue et augmentée. Delachaux et Niestlé. 2013. pp 446.

 

 

 

A noter que, pour voir où en sont les questions d’environnement et observer les oiseaux ailleurs en Europe, François a aussi profité d’un Service Volontaire à Européen au Parc national de Bialowieza, en Pologne !

 

 

Parce que les gens étranges que vous croisez parfois, immobiles au beau milieu d’un près, jumelles à la main, peuvent aussi, être ouverts sur l’Europe

 

 

 

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